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Aux deux extrémités de la vie d'un médicament

ITW de Michel Treilhou pour dessiner les contours de l'équipe BTSB

Aux deux extrémités de la vie d'un médicament

Deux nouvelles équipes de recherche de l'Institut National Universitaire Champollion ont récemment été labellisées "Equipe d'Accueil" par le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, portant à trois le nombre de laboratoires labellisés. Rencontre avec Michel Treilhou pour dessiner les contours de l'équipe BTSB - Biochimie et Toxicologie des Substances Bioactives.


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Quelles sont les thématiques de recherche du BTSB ?

L'équipe Biochimie et Toxicologie des Substances Bioactives rassemble des chercheurs en biologie et en écotoxicologie. Les premiers travaillent sur la recherche de nouvelles molécules actives, en réponse au problème de résistance des pathogènes aux médicaments - les antibiotiques par exemple - les seconds s'intéressent pour leur part aux effets des médicaments sur l'environnement une fois rejetés dans les eaux usées. Autrement dit, nos travaux s'articulent autour des deux extrémités de la vie des médicaments, de leur invention à leur dissémination dans le milieu naturel où l'on sait que les effets polluants vont devenir très critiques à court terme.

Quels sont les modèles de recherche utilisés ?

S'agissant de la recherche de substances bioactives, nous travaillons essentiellement sur la valorisation de substances naturelles comme le venin ou l'hémolymphe de fourmis et de mouches. Celles-ci sont parfois récoltées en Amazonie et au Cameroun, puis élevées dans nos laboratoires. En écotoxicologie, la toxicité des médicaments est évaluée sur des organismes aquatiques d'eau douce (plathelminthe et mollusque gastéropode) au travers d'approches macroscopiques (comportement, reproduction, développement) et subcellulaires (transcriptomique, protéomique).

Quelles sont les prolongements de vos recherches dans la sphère économique ?

A partir des compétences acquises sur ses sujets fondamentaux, nous développons des liens avec le tissu économique, au niveau local mais également à l'échelle nationale voire internationale. A titre d'exemple, nous sommes engagés avec la société albigeoise Phodé pour laquelle nous cherchons des alternatives aux antibiotiques en élevage. Au niveau national, nous nous inscrivons également dans le cadre du programme GreenProtect porté par le ministère de l'Environnement. Ce dispositif, qui regroupe un ensemble d'industries, de pôles de compétitivité et de centres de recherche, vise le développement de substances naturelles en remplacement des pesticides dans la lutte contre les prédateurs des cultures.

Quels résultats récents pouvez-vous nous présenter ?

L'équipe a découvert il y a peu dans le venin de fourmis une molécule qui stimule le système immunitaire inné chez l'homme. Cela pourrait permettre une augmentation des défenses naturelles des patients contre les pathogènes comme les bactéries ou les cellules cancéreuses. Même si nous nous situons encore très en amont d'une application concrète, ces résultats se révèlent très encourageants. Sur le plan écotoxicologique, nous avons montré que certains psychotropes peuvent agir sur la reproduction et le développement d'organismes aquatiques, ce qui posera à terme la question de la perturbation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes.


Pour prolonger, consultez la page web de l'équipe BTSB

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