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Publication de "Amys e Amilioun"

Publication de "Amys e Amilioun"

John Ford, maître de conférence de section 11 (langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes) dans le département Arts, Lettres et Langues (ALL) ainsi que membre de l'équipe de recherche Textes, Contextes, Frontières du Centre Universitaire de Formation et de Recherche J.-C. Champollion publie « Anglo-Norman Amys e Amilioun: The Text of Karlsruhe, Badische Landesbibliothek, MS. 345 (olim Codex Durlac 38) in Parallel with London, British Library, MS Royal 12 C. XII » aux éditions Medium Ævum de la Society for the Study of Medieval Languages and Literature.

Bien qu'aujourd'hui cette histoire soit en grande partie oubliée, ce roman en vers était très populaire au moyen âge, avec des traductions dans presque toutes les langues européennes. Malgré le fait que cette version soit témoin des changements importants dans l'évolution de la langue française en Angleterre, et malgré sa place importante dans le développent de la littérature française et son influence sur la renaissance de la littérature anglaise médiévale, cette version du roman en vers n'a jamais été éditée auparavant.

L'équipe de recherche Textes, Contextes, Frontières (TCF) est une équipe pluridisciplinaire. Elle réunit 10 enseignants-chercheurs et enseignants (parmi lesquels 8 titulaires du CUFR) dont la recherche porte sur la littérature française, anglophone, italienne ou hispanophone, ou sur la culture et l'histoire des pays correspondants, et travaille sur la question des identités. Les compétences variées des chercheurs du département ALL et SHS permettent d'enrichir ce débat en échappant au cloisonnement disciplinaire et en précisant l'un de ses aspects majeurs, le problème des langages comme formateur, révélateur ou destructeur de l'identité.

Cette publication entre donc directement dans le cadre de recherche visé par TCF : Le texte (qui se trouve aujourd'hui dans un manuscrit en Allemagne) était écrit en Angleterre dans le dialecte anglo-normand du XIVe siècle, une époque à laquelle le français était toujours la langue de prestige dans le pays bien que l'anglais fût en train de se rétablir comme langue de culture et de littérature. Comme il est expliqué dans l'introduction, les divergences entre le traitement du sujet dans ce texte et d'autres textes de langue française signalent un changement dans l'identité des anglais francophones de l'époque, pour qui et par qui la version a été créée. L'élimination de plusieurs aspects permet aux autres versions d'être facilement classifiées comme « matière de France » (voire, référence au Charlemagne, etc.) et l'influence de l'anglais sur le vocabulaire et la syntaxe suggèrent que les anglo-normands commencent à se considérer « anglais de langue française ». Beaucoup de ces changements seront ultérieurement incorporés dans les traductions anglaises du conte, ce qui indique une continuité entre la littérature française et anglaise de cette période.