Entretien avec Josselin Tallec, chargé de l'animation de la filière « Intelligence territoriale et développement durable »

Par Michèle Lalanne

Josselin Tallec, occupe un poste d’ingénieur d’étude co-financé par le contrat de site du Grand  Albigeois et la Région Midi-Pyrénées.  Le recrutement s’est effectué sur concours et la mission court sur 12 mois reconductibles. Michèle Lalanne est professeur de sociologie au CUFR et responsable scientifique adjointe.

ML : Josselin Tallec, voilà huit mois que vous travaillez au CUFR Champollion sur un poste d'ingénieur d'études chargé de l'animation de la filière « Intelligence territoriale et développement durable » du Contrat de site de l'Albigeois (Filière co-pilotée par François Taulelle, Professeur des Universités en géographie-aménagement du territoire au CUFR, et Olivier Fudym, Professeur à l’École des Mines dAlbi-Carmaux). Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer quelles sont vos missions et fonctions ?

JT : J'ai une formation de géographe et je suis plus particulièrement spécialisé autour des problématiques urbaines et des politiques d'aménagement. J'ai réalisé l'essentiel de mes études entre Albi, Toulouse et Rennes. Lors de ce parcours, je me suis intéressé au développement économique des villes moyennes, des agglomérations comme Albi à titre d'exemple, qui connaissent une dynamique économique moins affirmée que des grandes villes comme Toulouse.
Je m'intéresse plus particulièrement au développement de l'innovation, des liens entre les activités de recherche scientifique et les acteurs industriels à l'échelle de cette catégorie de villes et le poste que j'occupe dans le cadre du contrat de site depuis la mi-février 2014 a pour objectif de créer des actions communes de formation et de recherche entre les établissements d'enseignement supérieur de l'Albigeois et plus particulièrement le CUFR, l'École des Mines d'Albi-Carmaux et le Lycée Professionnel Agricole de Fonlabour.

ML : C'est assez complexe d'initier en peu de temps des coopérations entre des enseignants-chercheurs et des partenaires issus de cultures scientifiques et techniques différentes. Comment avez-vous procédé pour faire travailler ensemble les différents partenaires et faciliter la rencontre et la coopération ?

JT : Dans un premier temps, j'ai fait en sorte de travailler à l'identification des éventuelles complémentarités pouvant exister entre les établissements et les personnes. Si des initiatives étaient déjà à l'oeuvre, mon objectif est de les enrichir, les élargir et de susciter des liens locaux entre les sciences humaines et les sciences pour l'ingénieur par exemple. J'ai construit une base de données, je la mets à jour et relaie des informations aux enseignants-chercheurs que j'ai rencontrés à l'échelle des différents établissements.
Pour illustrer cette activité, nous avons travaillé à la structuration d'un cycle de conférences entre les services de la recherche de l'École des Mines d'Albi-Carmaux et des enseignants-chercheurs en sociologie et géographie sur la thématique de l'innovation. Des étudiants et élèves-ingénieurs des deux institutions vont y participer et échanger autour de thématiques communes dès ce mois d'octobre 2014.
J'interviens également dans le montage de projets où par exemple, j'ai travaillé à la coordination de l'Atelier-projet réalisé par l'actuelle promotion des étudiants du Master 2 Ingénierie du Développement des villes petites et moyennes du CUFR Champollion.
J'ai travaillé au montage d'un atelier de recherche pluridisciplinaire inter-établissements ainsi qu'à différentes rencontres et séminaires avec les acteurs institutionnels locaux, notamment la Communauté d'Agglomération de l'Albigeois, etc. J'ai par exemple présenté un travail à la première Nuit européenne des chercheurs ainsi qu'en juin dernier lors d'une rencontre avec l'Institut National du Développement Local à Albi.

ML : Vous venez de soutenir une thèse de doctorat en géographie-aménagement sur la construction socio-spatiale de l'innovation dans les villes moyennes, pouvez-vous en tirer des enseignements pour le CUFR J-F. Champollion ?

JT : Oui. Comme dans toutes les universités de création récente, la recherche se développe, se diversifie, s'internationalise et les publications sont en croissance. Tous les indicateurs témoignent d'un développement rapide de l'activité de recherche disciplinaire et pluridisciplinaire. Maintenant, l'enjeu est d'améliorer la synergie avec les acteurs à l'échelle locale, régionale, nationale et internationale. Certaines équipes de recherche locales et nombre d'enseignants-chercheurs ont déjà franchi ces étapes. Le rythme de structuration et de développement de l'activité de recherche ainsi que les produits de la recherche sont d'une riche diversité. L'intérêt est de pouvoir accompagner ces spécificités pour une meilleure valorisation de la « science en territoire ». La mission qui m'a été confiée participe à cette politique exprimée dans le contrat de site.

ML : Et enfin, pour terminer cet échange, à votre avis quelles perspectives pourraient se dégager pour une recherche d'excellence sur le territoire du Nord-Est de Midi-Pyrénées ?

JT : L'excellence existe déjà ! Tout dépend des indicateurs utilisés mais toujours est-il que le taux de réussite des étudiants en Licence et en Master illustre une dynamique de « réussite » qui dessinera l'avenir de ces territoires éloignés de Toulouse.

Contact : josselin.tallec@univ-jfc.fr, bureau J308, bâtiment Jean-Jaurès.