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Relations entre le parasite Varroa destructor et son hôte l'abeille domestique Apis mellifera : étude des facteurs impactant le déroulement du cycle de développement parasitaire

Soutenance de thèse de Vincent PIOU
Date : 
20 Septembre 2016, 14h00 - 16h00
Lieu : 
Bâtiment Multimédia - Auditorium 2
Campus : 
Relations entre le parasite Varroa destructor et son hôte l'abeille domestique Apis mellifera : étude des facteurs impactant le déroulement du cycle de développement parasitaire

Vincent PIOU  soutiendra sa thèse le mardi 20 septembre à 14h00 sur le thème : "Relations entre le parasite Varroa destructor et son hôte l'abeille domestique Apis mellifera : étude des facteurs impactant le déroulement du cycle de développement parasitaire".

 

Composition du jury

  • Angélique VETILLARD Maître de conférences HDR, INU Champollion, Albi directrice de thèse
  • Jean-Louis HEMPTINNE Professeur de l'Enseignement Supérieur Agricole, EDB, Toulouse, co-directeur de thèse
  • Frédéric DELBAC Professeur des Universités, Université Baise Pascal de Clermont-Ferrand
  • Yves LECONTE Directeur de recherche INRA, Avignon
  • Etienne DANCHIN Directeur de recherche CNRS, EDB, Toulouse
  • Alban MAISONNASSE Chargé de mission expérimentation en apiculture, ADAPI, Avignon

Mots clés: Apis mellifera, Varroa destructor, élevage en laboratoire, nutrition, pollen, phase phorétique, reproduction, vitellogénine, stade de préférence.


Varroa destructor, principal parasite de l'abeille, est le responsable majeur des phénomènes de perte de colonies observés partout dans le monde. Depuis son changement d'hôte et l'infestation de colonies d'Apis mellifera dans les années 1970, des traitements essentiellement chimiques ont été proposés pour limiter l'infestation. Pourtant ces dernières années, ces traitements ont fait l'objet d'études critiques à la fois à cause de la résistance émergente du parasite aux différents acaricides et de la sensibilité des abeilles à l'accumulation de produits chimiques dans les différentes matrices de la ruche. De nouveaux traitements alternatifs contre la varroose sont donc nécessaires et très attendus afin d'enrayer rapidement les effets délétères du parasitisme acarien. Cependant, la recherche de ces nouvelles cibles thérapeutiques est limitée par l'absence d'un système d'élevage synchronisé de l'hôte et de son parasite en laboratoire.
L'objectif méthodologique de ce travail de thèse était donc de pallier ce manque en développant une méthode pour coupler l'élevage de larves d'abeilles in vitro avec le transfert à la fois de la phase phorétique et de la phase de reproduction du parasite (respectivement sur les adultes et sur les pupes) dans des conditions de laboratoire. Le système mis au point lors de ces travaux de thèse a permis une étude plus approfondie de l'impact de facteurs variables chez l'hôte sur plusieurs points clés du cycle parasitaire. Les effets de la nutrition larvaire chez l'abeille, la longueur de la phase phorétique, le type d'abeilles adultes sur lequel Varroa reste au cours de cette phase ou encore l'âge des stades larvaires ont ainsi été étudiés. L'analyse des impacts potentiels de ces facteurs a porté principalement sur certains paramètres de la reproduction, du comportement et de la virulence de V. destructor.
Les résultats obtenus ont montré que la nutrition larvaire, ou plus précisément la supplémentation de la nourriture larvaire avec des pollens monofloraux et polyfloraux, a un faible impact sur la reproduction du parasite, mais une tendance à influencer le poids de l'abeille ainsi qu'à potentiellement augmenter la tolérance de l'abeille à certains des symptômes de la varroose, tels que la perte de poids. La reproduction du parasite n'a pas non plus été affectée par les variations induites dans la phase phorétique. Ni la fertilité du parasite ni l'expression des deux gènes de la vitellogénine n'ont fluctué lorsque la durée ou l'âge des adultes parasités pendant la phase phorétique variaient. En revanche, la durée du séjour sur les abeilles adultes avant la reproduction est corrélée positivement à la charge virale chez le parasite, ce qui explique pourquoi les varroas ayant vécu une longue phase phorétique induisent plus fréquemment des malformations. Enfin, l'âge des stades juvéniles des abeilles sont tous attrayants pour Varroa destructor, bien que certaines préférences aient été mises en évidence dans notre étude. Si l'attraction pour le 5ème stade larvaire et les abeilles nouvellement écloses est déjà connue, l'attractivité des nymphes aux yeux blancs est un phénomène nouveau qui pourrait être d'importance majeure pour la compréhension du cycle du parasite. Des analyses approfondies pour isoler les signaux responsables de l'attraction sont nécessaires.
En conclusion, les travaux de cette thèse offre une méthode d'élevage innovante et ouvre ainsi, pour l'ensemble de la communauté apicole, de nouvelles pistes de recherche passionnantes afin de développer nos connaissances à la fois sur l'abeille, sur le parasite et sur les virus qu'il transporte. Ce travail permettra sûrement d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour la conception de traitements alternatifs ciblant spécifiquement le parasite sans nuire à l'abeille.

Cette thèse a été financée par la Région Midi-Pyrénées et l'INU Champollion.

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