RDV culturels

Derinëgolem, transe albanaise

Derinëgolem parle de fête, du « aheng » albanais : danser jusqu’à s’enivrer. Sur scène, l’installation fait résolument penser à une formation rock (batterie, pédales d’effets...). Mais le violon amplifié, boosté dans les basses, et une batterie toute en résonance de toms renvoient à autre chose : une musique à flux tendus qui puise ses références dans la transe, dans les airs populaires albanais, dans la musique progressive, et renvoie une énergie pure, incisive et hypnotique.

The and & Coddiwomple

En ouverture, The And : un duo intense et cru, réunissant Nicolas Lafourest, guitariste rock déjà venu au Retour du Jeudi avec Cannibales & Vahinés et La Seconde Méthode, et le poète et chanteur hollandais G.W. Sok, personnalité artistique précieuse et unique, co-fondateur du groupe The Ex (invité du Complot #13, avec lequel il a joué pendant 30 ans), et aussi membre de Cannibales & Vahinés.

Ublot, airs du large

Un accordéoniste qui décide de partir en voyage avec un baladin clarinettiste perdu dans des concepts octophoniques, une timide chantonneuse post-rock qui violoncelle classiquement sur de la jungle et du hip hop, et une montagnarde ex-barmaid pas timide, joueuse de flûte traversière et de beat électro. C’est Ublot : la vitre d’une horloge et le temps qui avance inlassablement. C’est un bateau sur lequel nous avons tous une histoire, triste, heureuse, festive, traumatisante, inutilement futile à raconter, ou des rêves à formuler.

Erwan Pinard, crooner à textes

Ce chanteur insolent et nonchalant, mi-punk, mi-crooner, débarque avec ses chansons piégées, baroques, farouches, absurdes et bienveillantes. Des pogos pour dire je t’aime, des slows à s’arracher la calvitie, servis sur un bel enrobé d’humour, alternant coups de gueule sarcastiques et échappées autobiographiques, gros son rock et chansons tendres, écriture sauvage ou raffinée. Erwan Pinard s’exhibe sans artifice, son écriture au scalpel dissèque l’amour, fait le portrait chimique d’un cerveau épris, pour faire le constat de l’obsolescence programmée d’une relation amoureuse.

Artist without a cause, par delà bien et nul

Les Aveyronnais Thomas Soudan et Nicolas Ibañez se sont rencontrés à la sortie du ventre de leurs mères, en 1984. C'est d'abord dans les parcs bébé et les cours de récré qu'ils expérimentent toutes sortes de langages et de happenings. Leurs premières résidences de création se font lors de goûters d'anniversaire et de classes vertes. Très vite, ils se découvrent une passion commune pour « faire les idiots », sans savoir que cela peut devenir un métier qui s'appelle « jouer la comédie ».

David Lafore, chanson yo-yo

David Lafore seul sur scène ! Punk virtuose et romantique caustique, il a la naïveté provocante des doux cinglés qui posent des questions aussi farfelues qu’essentielles. Textes ciselés, guitare électrique, instants fragiles… C’est beau, sensuel, et puis paf ! Ça devient du grand n'importe quoi ! Farce ! Cyclone ! Et puis on redescend, doux et tendre. Une chanson drôle, une chanson triste, on remonte, on redescend : c’est un manège ! Un yo-yo ! Ça pique et ça caresse. Et puis tout s’emmêle ! Ah ! L’infernale et belle machine... la vie. Vous avez dit spectacle vivant ?

Fautes de frappe, one woman show dyslexique

Auteur et interprète, comédienne, danseuse, Juliette Kapla est une lointaine cousine germaine d’Arsène Folazur programmé récemment. Elle se lance à mots nus et à voix découverte dans ce solo virtuose et atypique, qui malmène subtilement les codes, croise les disciplines et repousse les limites du one-woman-show, d’improvisations vocales en contorsions verbales, du tragique au comique. Venez voir la menteuse lyrique perdre le contrôle de son ridicule, se soûler les chevilles, se pavaner avec un foulard herpès ou un manteau de fous rires.